Comment reprendre confiance en soi quand on a tout essayé

Comment reprendre confiance en soi quand on a tout essayé

Marc est dans la queue à la pharmacie.
Il y a du monde. Il râle intérieurement. « Ils sont mal organisés. »
Mais ce n’est pas vraiment l’organisation qui le stresse.
C’est autre chose.
Il me le dit comme ça, un peu gêné : « Je me sens exposé. »
Exposé à quoi ? À tous ces regards. À cette attente interminable où tout le monde peut le voir. Le regarder. Le juger.
« On va voir que je suis mal habillé. Que je ne suis pas assez bien. Que je ne sais pas m’exprimer… »
Marc a la trentaine. Un bon job. Une vie plutôt stable.
Mais quelque chose coince depuis longtemps. Il n’arrive pas à reprendre confiance en lui.

Le problème qu’il croyait avoir

Quand Marc est venu me voir, il avait une demande précise.
« Je ne sais pas gérer l’échec. Dès que quelque chose ne marche pas, je m’effondre. »
Je lui demande de m’en dire plus.
« C’est simple. Tout a toujours été facile pour moi. Alors quand je rate, je ne sais pas comment réagir. Je n’ai aucune référence. »
Sur le papier, il a raison.
Une enfance plutôt heureuse. Des parents présents. Des études sans accroc.
Mais quelque chose ne colle pas.
Parce que les gens pour qui « tout a toujours été facile » ne viennent généralement pas me voir. Ils n’ont pas cette boule au ventre dès qu’un projet échoue. Ils ne passent pas des nuits à ruminer.
Alors je creuse.

La scène qui a tout changé

On remonte dans le temps. Le collège.
Marc me raconte une époque où il avait confiance en lui. Et puis quelque chose a basculé.
Les autres garçons grandissent. Lui, pas vraiment. Il reste petit.
Une fille dont il était amoureux lui dit un jour : « T’es qu’un gamin. »
Il se souvient de ce moment comme si c’était hier.
La honte. Le sentiment de ne pas être assez. Cette anxiété qui s’installe : tout peut s’arrêter d’un moment à l’autre.
Ses frères aussi le taquinaient. Sa mère était anxieuse, le genre à anticiper le pire en permanence.
Le message s’est inscrit quelque part : être différent, c’est dangereux. Il faut se fondre dans la masse. Ne pas faire de vagues.

La force qui dort

C’est là que ça devient intéressant.
Marc a une force. Une vraie. Mais il ne la voit pas.
Il me raconte une situation au travail. Un collègue qui le critique en réunion. Devant tout le monde. Une remarque gratuite, humiliante.
« Tu ressens quoi dans ce moment-là ? » je lui demande.
« De la colère. Clairement. C’est vraiment une critique gratuite devant tout le monde alors que ça n’a pas lieu d’être. »
Et qu’est-ce que t’as fait ?
« Au bout d’un moment, quand il n’y a plus le choix, clac. Laissez-moi passer. »
Il obtient ce qu’il veut. L’augmentation. Les congés. Le respect.
Mais seulement quand il est acculé.
Sa force existe. Elle est juste verrouillée derrière la peur.
Pour l’instant, elle n’ose se libérer que quand il est au pied du mur

Des années d’excuses

Marc voulait se lancer dans du théâtre d’impro. Depuis des années.
Des années que son mental lui trouvait des excuses parfaites pour ne pas s’y mettre.
Pas le temps. Pas le bon moment. Pas assez prêt.
il décide finalement de s’inscrire et tous les mercredis, il affronte ses peurs sur les planches.

Il fait du sport aussi. Un sport exigeant. Vraiment exigeant !
Où il se dépasse à chaque session. Où il en bave.
Le froid, le vent, la resistance physique…

« C’est dur ? » je lui demande.
« Oui. Mais ça me connecte à quelque chose de puissant. Je me sens dans ma force. »

Et tout ça, pour lui, ça ne compte pas comme une réussite !

Pourquoi tu n’arrives pas à reprendre confiance en toi

Ton cerveau fonctionne comme une bibliothèque.
Il stocke des souvenirs. Des expériences. Des références.
Et quand tu dois affronter une situation, que ce soit un projet, une prise de parole ou une décision importante, il va piocher dans cette bibliothèque pour te dire si tu es capable ou pas.
C’est ce que les neuroscientifiques appellent le biais de confirmation : ton cerveau filtre la réalité pour confirmer ce qu’il croit déjà.
Le problème, c’est qu’il ne stocke pas tout.
Il stocke ce qui correspond à l’histoire que tu te racontes sur toi-même.
C’est pour ça que reprendre confiance en soi semble si difficile : tu te bats contre ta propre mémoire.

Si ton histoire c’est « tout a toujours été facile », alors les moments où tu t’es dépassé disparaissent. Ils ne collent pas au récit. Ton cerveau les occulte.
Si ton histoire c’est « je ne suis pas assez », alors les moments de fierté s’effacent. Les réussites deviennent invisibles.
C’est exactement ce qui se passait avec Marc.
Les mois de théâtre pour dépasser sa peur ? Effacés.
Le sport où il se dépasse à chaque session ? Pas stocké.
Ses accomplissements professionnels ? Minimisés.
Son cerveau avait décidé d’une storyline. Et il ne gardait que les preuves qui allaient dans ce sens.

Je sais ce que tu te dis là maintenant.
Peut-être que tu penses « Oui mais moi c’est différent. »
Lis quand même jusqu’au bout.
Parce que cette phrase, je l’ai entendu tellement de fois !
C’est EXACTEMENT CA dont je parle !
Ce qui te fait croire ça c’est cette histoire que raconte ton cerveau !

Le déclic

Quand je l’ai aidé à reconnecter à ces moments, son dépassement, ses réalisations au travail,
Quelque chose s’est ouvert.
Il s’est mis à se souvenir d’autres choses.
« Maintenant que tu le dis… à mon ancien job, j’ai créé tout un système tout seul. Au début je ne savais rien. J’ai tout appris sur le tas. À la fin, j’ai eu de la reconnaissance. »
« Ça t’a semblé facile ? »
« Sur le moment, non. Mais quand j’y repense, j’ai l’impression que c’était facile. »
Tu vois le piège ?
Ce qui a été difficile DEVIENT facile dans le souvenir. Parce que tu l’as surmonté. Alors ça ne « compte plus » comme une preuve de force.

« Si tu attends que ce soit gagné, ce ne sera jamais gagné »

À la deuxième séance, Marc arrive différent.
Il s’est inscrit au cours de théâtre. Après des années à repousser.
Et il a surfé la veille. « J’y suis allé et c’est passé. J’étais crevé, des crampes plein les jambes, mais j’y suis allé. »
Et autre chose, plus intime.
« C’est une petite chose qui s’est vraiment libérée. Je lui envoie des messages comme jamais fait. Je lui fais un câlin comme jamais fait. »
Il parle de sa fille.
La confiance en soi, ce n’est pas juste une histoire de performance au travail. C’est aussi la capacité d’être vulnérable avec ceux qu’on aime.
Marc me dit cette phrase qui résume tout : « Si tu attends que ce soit gagné, ce ne sera jamais gagné. »

Reprendre confiance en soi : trois compétences, pas une recette magique

À la fin de notre travail ensemble, Marc a formulé ce qu’il avait appris.
« J’ai appris à reconnaître ça, travailler avec, dépasser ça rapidement. »
Trois compétences. Pas une solution miracle.
Reconnaître : voir quand la peur arrive, quand le mental fabrique des excuses.
Travailler avec : ne pas essayer de supprimer la peur, mais avancer avec elle.
Dépasser : agir malgré tout.
La confiance ne vient pas AVANT l’action. Elle vient APRÈS.
C’est ce qu’on fait dans mon programme confiance en soi : on ne construit pas une confiance artificielle. On révèle celle qui existe déjà. Celle que tu ne vois plus.

Et toi, tu veux reprendre confiance en toi ?

Tu as peut-être l’impression que tu n’as jamais rien surmonté.
Que les autres ont des parcours héroïques, mais pas toi.
Que tes réussites ne comptent pas vraiment.
Mais si tu creuses, vraiment, tu trouveras des preuves.
Des moments où tu as eu peur et où tu as avancé quand même.
Des défis que tu as relevés.
Des apprentissages qui t’ont demandé des mois. Voire des années.
Ces moments existent. Ton cerveau les a juste classés dans le mauvais dossier.
Il est temps de les ressortir.


Tu veux qu’on regarde ensemble ce que ta bibliothèque a oublié ?
Écris-moi, on en parle.


L’histoire de Marc est tirée de nos séances de coaching. Le prénom et certains détails ont été modifiés pour respecter la confidentialité de mes clients.