Giulia*, directrice d’agence en co-leadership · équipe importante, nouveau poste
Mon cerveau va direct chercher les trucs à améliorer. Il y a plein de trucs positifs, mais mon cerveau va chercher ce qui va pas.
Giulia* · Directrice d’agence en co-leadership
Équipe importante, nouveau poste · sortir du « j’ai foiré » qui revient après chaque réunion · accompagnement individuel dont les principes ont nourri RISE.
Giulia sortait de réunion convaincue d’avoir mal parlé, mal répondu ou mal occupé sa place. Elle ruminait deux à trois jours, même quand personne n’avait rien remarqué.
Distinguer l’auto-évaluation utile de l’auto-flagellation, et comprendre ce que cette rumination essayait de protéger.
Elle pilote une crise majeure dans son agence, sort des réunions sans se dévorer, et apprend à s’auto-valider sans attendre uniquement les retours extérieurs.
Mon cerveau va direct chercher les trucs à améliorer.
Giulia vient de prendre la direction d’une agence. Co-leadership avec un binôme. Équipe importante. Une hiérarchie à deux niveaux au-dessus. Un poste créé pour elle.
Sur le papier, c’est la promotion qu’elle voulait. Dans la réalité, c’est l’enfer intérieur.
Chaque réunion finit pareil : elle sort en repassant chaque phrase. « J’aurais pas dû dire ça. »« J’aurais dû faire autrement. »« Je n’ai pas été assez percutante. »« Et si je déçois mon chef ? »
La rumination dure deux jours. Parfois trois. Elle convoque mentalement chaque collègue, imagine ce qu’ils ont pensé, refait la scène. Et puis le lendemain, ou deux jours après, quelqu’un lui dit « merci, c’était super ce que tu as dit hier ». Et elle ne comprend pas.
Ce que ça lui coûte : un mal au ventre récurrent. Des vertiges. Une angoisse au réveil avant chaque réunion. Une fatigue qui ne vient pas du travail, qui vient de tout ce qu’elle se fait subir après le travail.
Et un sentiment qui ne lâche pas : « si je ne suis pas percutante, je ne suis pas à ma place. »
Elle ne vient pas pour devenir plus compétente. Elle l’est déjà. Elle vient parce qu’elle s’épuise à refaire chaque réunion dans sa tête.
Le cerveau qui scanne en continu, même quand personne ne juge.
Chaque parole, chaque ton, chaque silence est scanné en temps réel.
Le cerveau va direct chercher ce qui a moins bien marché, et ne voit pas ce qui a fonctionné.
Refaire la scène. Imaginer ce que les autres ont pensé. Se persuader qu’on est tombée bas, alors qu’à l’extérieur, personne n’a rien remarqué.
Ce qu’elle appelle « je dois m’améliorer »
est en fait un mécanisme de défense ancien.
Une stratégie pour anticiper la critique avant qu’elle ne tombe, pour ne plus jamais être prise au dépourvu. Tant que cette défense tourne, aucune réussite ne suffit — le cerveau ne cherche pas ce qui a marché, il scanne ce qui pourrait rater.
Et c’est là que tout se joue en séance. On ne travaille pas la « gestion du stress ». On remonte à l’endroit où ne pas être parfaite est devenu un danger — et on débranche la défense à la racine. Le jour où le cerveau cesse de croire qu’anticiper la critique, c’est se protéger, la rumination n’a plus de carburant.
1 · Elle force le cerveau à voir les deux côtés.
Après chaque réunion : trois points positifs, trois à améliorer. Une discipline simple qui sort du tout-négatif. Et un recadrage — « Si tu n’es pas critiquée, c’est que tu n’es pas encore là où tu pourrais être. » La critique cesse d’être un verdict ; elle devient un signal.
2 · Elle remonte à la source.
La séance de fond, en août. On retourne sur ce qui s’est construit tôt : un monde intérieur où ne pas être parfaite mettait en danger. On regarde ce que cette peur lui a permis — être réactive, gérer l’urgence — non pour la résoudre, mais pour cesser de la combattre.
3 · Ça bascule.
Elle pilote une crise opérationnelle majeure dans son agence : décisions rapides, équipes qui la suivent sans hésiter. Elle découvre, en faisant, qu’elle est faite pour ce poste. Et un jour, elle se surprend : « j’ai mal parlé » — puis « qui t’a dit ça ? ». Personne. Le lendemain, on la remercie.
« Je ne suis pas le centre du monde. Ça peut sembler bête — mais ça change tout. »
Si t’es pas critiqué, c’est que t’es pas encore vraiment là où tu pourrais être.
Concrètement, sur 6 mois d’accompagnement
Je ne suis pas, en fait, aussi le centre du monde de tout. Ça peut sembler bête, mais ça change tout.
La basculeJ’ai réussi à pas être dans le down.
Sur la ruminationÇa c’est énorme. C’est important d’aller sur des moments précis plutôt que de dire « tout va bien ».
Sur le bilan de son binômeCe parcours montre quelque chose que beaucoup de personnes en poste à responsabilité vivent en silence : la rumination post-réunion n’est pas un manque de confiance. C’est une stratégie de protection qui s’est installée tôt, pour ne plus jamais être prise au dépourvu par une critique qui ferait mal.
Le problème, c’est que cette stratégie continue de tourner à l’âge adulte, dans des postes où elle ne sert plus à grand-chose. Elle ne protège plus, elle épuise. Elle ne prépare plus, elle paralyse. Elle ne perfectionne plus, elle empêche d’être présente à ce qui se passe vraiment.
Les techniques de gestion du stress, les méthodes « lâcher prise », peuvent aider. Mais dans son cas, elles ne suffisaient pas : tant que le cerveau croit qu’anticiper la critique = se protéger, il continue. Le travail consiste à voir ce mécanisme pour ce qu’il est, et à apprendre à le débrancher quand il n’est plus utile, c’est-à-dire, dans la grande majorité des situations professionnelles.
On en parle ensemble ?
Tu sors d’une réunion convaincu·e d’avoir mal parlé, mal répondu, mal occupé ta place.
Tu rumines deux ou trois jours, tu refais chaque phrase dans ta tête.
Tu découvres ensuite que personne n’a rien remarqué, et que certains te remercient même pour ce que tu as dit.
En Session Découverte, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.
* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.