Catherine*, cadre en entreprise · la trentaine
Je ne suis pas à ma place ici. Ils vont tous découvrir que je ne suis pas à la hauteur.
Catherine* · Cadre en entreprise
Accompagnement individuel, dont les principes ont nourri RISE.
Catherine est cadre, compétente, reconnue. Mais dès que les regards se tournent vers elle en réunion, son esprit s’évapore : brume mentale, estomac noué, respiration coupée. Et une voix narquoise : « ils vont tous s’en rendre compte ».
Remonter à la scène où ce mécanisme est né, comprendre que la brume est une protection et non une faiblesse, puis dialoguer avec ce signal au lieu de le combattre.
En réunion stratégique, elle sent le mécanisme arriver, respire, et prend la parole. Son idée réoriente le projet. Son hypersensibilité est devenue sa boussole.
Ils vont tous découvrir que je ne suis pas à la hauteur.
Ces mots, Catherine ne les prononce jamais à voix haute. Mais ils tournent en elle à chaque réunion où elle doit prendre la parole.
À l’instant où les regards se tournent vers elle, quelque chose d’étrange se produit. Son esprit s’évapore. Une brume épaisse envahit son cerveau, sa pensée devient inaccessible. Son corps, lui, envoie des signaux d’alerte : estomac noué, respiration coupée.
Et dans sa tête apparaît ce qu’elle appellera plus tard son Chat du Cheshire : un sourire narquois qui flotte, sans corps, comme dans Alice au Pays des Merveilles. Présent-absent. Et toujours le même message : « Tu n’es pas à ta place ici. Ils vont tous s’en rendre compte. »
Sur le papier, rien ne justifie cette voix. Catherine a le poste, les compétences, les résultats. C’est précisément ça, le syndrome de l’imposteur : aucune preuve extérieure ne suffit, parce que le procès se joue à l’intérieur.
Ce que ça lui coûte : des idées qu’elle garde pour elle. Des réunions traversées en apnée. Et cette fatigue particulière de celle qui se sait capable, mais repart chaque fois avec la honte de ne pas avoir parlé.
Le réflexe qui se rejoue à chaque réunion, sans qu’elle le voie.
Son esprit s’évapore, sa pensée devient inaccessible. Elle ne manque pas d’idées, elle n’y a plus accès.
Un sourire narquois, et toujours la même phrase : « Tu n’es pas à ta place ici. Ils vont tous s’en rendre compte. »
Elle se tait, laisse passer son tour, repart avec la honte. Ce qui « confirme » qu’elle n’était pas à la hauteur. La boucle se referme.
Cette brume n’était pas une faiblesse.
C’était une protection, devenue obsolète.
Pour le comprendre, il a fallu remonter à la scène où tout commence. Catherine a 12 ans. Un terrain de basket. Un père qui voit en elle un potentiel immense et qui lui répète : « tu peux être la meilleure ». Des mots censés l’encourager, qui se transforment en prison. Sous ce regard chargé d’attentes, son cerveau déconnecte : il la coupe d’une pression trop grande pour elle. C’est ce jour-là que le mécanisme est né.
Et c’est là que tout se joue en séance. Vingt ans plus tard, la réunion stratégique a remplacé le terrain de basket, mais pour son système intérieur c’est la même scène. Le Chat du Cheshire n’est pas un saboteur : c’est un signal d’alerte sur le niveau d’enjeu qu’elle vit. La stratégie était la bonne à 12 ans. Elle est juste obsolète aujourd’hui. On ne fait pas la guerre au signal, on met la stratégie à jour.
1 · Elle remonte à la racine.
Le terrain de basket, le regard du père, le cerveau qui déconnecte. En retrouvant cette scène, Catherine comprend que sa brume n’est pas un défaut de fabrication : c’est une protection qui a fait son travail, et qui ne sait pas que la situation a changé.
2 · Elle change de rapport au signal.
Son estomac noué parlait d’une vérité que son mental refusait d’entendre. En plaçant sa conscience dans ses sensations, elle découvre que plus elle écoute son corps, moins son cerveau a besoin de l’emmener dans la brume. Au lieu de fuir la voix du Chat, elle l’interroge : « quelle harmonie tentes-tu de restaurer en apparaissant maintenant ? » La petite fille qui voulait faire plaisir et celle qui se rebellait contre les attentes ont enfin pu se parler.
3 · Ça devient elle.
Réunion stratégique. Elle sent le Chat apparaître. Au lieu de s’effacer, elle respire profondément et dit : « Je pense avoir une perspective intéressante à partager. » Son cerveau, enfin libre, formule une idée qui réoriente complètement le projet.
Pas « vaincre » l’imposteur. Comprendre ce qu’il protège, et mettre la stratégie à jour.
Mon cerveau, enfin libre, a formulé une idée qui a complètement réorienté le projet.
Concrètement, en quelques séances
Hier, en réunion stratégique, j’ai senti le Chat apparaître. Mais au lieu de m’effacer, j’ai respiré profondément.
Réunion stratégique, après quelques séancesMon cerveau, enfin libre, a formulé une idée qui a complètement réorienté le projet.
La suite du même messageJe pense avoir une perspective intéressante à partager.
La phrase qu’elle n’aurait jamais dite avantOn en parle ensemble ?
Tu connais ton sujet, mais dès que les regards se tournent vers toi, tout s’efface.
Tu as les compétences, mais une voix te répète que tu n’es pas à ta place.
Tu réussis, et au lieu de te sentir légitime, tu attends le moment où on va te démasquer.
En Session Découverte, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.
* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.