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Étude de cas · Syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur la faisait taire.
Elle a pris la parole face à 600 personnes.

Léna*, responsable trading dans le secteur de l’énergie · 42 ans · femme dans un milieu à ~90 % masculin

Je n’ose pas dire complètement les choses par peur de me tromper.

Profil rapide

Léna* · Responsable trading

Secteur de l’énergie · 42 ans · femme dans un milieu à ~90 % masculin · nouvelle responsabilité de manager (équipe de 8) depuis 2,5 ans · accompagnement individuel dont les principes ont nourri RISE.

À noter, cette étude de cas est issue d’un accompagnement de 11 séances étalées sur ~3 mois (janvier-avril 2025), un peu plus dense que le format RISE actuel (3 mois, 6 séances). Le suivi à 1 an et 14 mois confirme la stabilité du travail. Elle illustre le type de mécanisme travaillé dans RISE, le syndrome de l’imposteur : peur de se tromper, sentiment d’être « intruse » dans son milieu, prise de parole bloquée par l’exigence d’être sûre avant de parler.
En bref

Avant · Travail · Après

Avant

Léna a la compétence, l’ancienneté et la responsabilité officielle. Mais en réunion, devant ses pairs, devant un comité, elle se tait. « Peur de me tromper. » À 42 ans, elle se vit toujours comme une « intruse » dans son métier.

Travail

Changer le rapport à l’erreur, passer de « je parle quand je suis sûre » (donc jamais) à « je peux bafouiller et parler quand même ».

Après

14 mois après le démarrage, elle fait une intervention de 5 minutes en AG face à 600 personnes (ton clair, fluide, « petit bafouillage au démarrage » assumé). Elle gère seule une visite de 2 h en anglais avec des partenaires internationales.

Le contexte

La situation avant

Je n’ose pas dire complètement les choses par peur de me tromper.

Léna a 42 ans. Elle a une expérience longue dans son secteur, une connaissance technique solide, et un nouveau poste depuis 2,5 ans qui lui demande de manager une équipe de 8 personnes, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant.

Le contexte est particulier : son environnement professionnel est à ~90 % masculin. Réunions, COMEX, négociations, échanges internationaux. Sur le papier, elle a sa place. Dans la tête, c’est une autre histoire.

Une voix tourne en permanence : « et si je me trompais ? » Devant ses pairs, elle se tait. Devant son chef, elle minimise. En réunion stratégique, elle laisse les autres parler, « je préfère ne rien dire que dire quelque chose qui ne va pas ».

À l’intérieur, elle se sent comme une « intruse ». Pas parce qu’elle manque de compétence, elle l’a, et son entourage le sait. Parce que dans un milieu où la prise de parole est continue, ne pas parler, c’est ne pas exister.

Ce que ça lui coûte : un corps qui paie pour la tête. Mains moites avant chaque réunion. Cœur qui s’accélère. Cage thoracique oppressée. Une fatigue d’avoir à tenir le silence, alors que dire serait plus simple. Et des décisions prises par d’autres, parce qu’elle n’a pas pris la parole assez tôt.

Elle ne vient pas pour devenir plus compétente. Elle l’est déjà. Elle vient parce qu’elle veut arrêter de s’interdire la parole dans une fonction où parler fait partie du travail.

Le mécanisme

Trois mouvements en boucle

Le réflexe qui se rejoue à chaque réunion, sans qu’elle le voie.

1 · Avant

Elle prépare. Beaucoup.

Elle révise. Elle relit. Elle veut être « sûre » avant de parler. Si elle a un doute, elle préfère se taire.

2 · Pendant

Elle pèse chaque mot.

Elle attend d’être sûre à 100 %, autant dire jamais. Pendant ce temps, quelqu’un d’autre prend la parole, donne un avis moins solide que le sien, et la décision se prend sur cet avis-là.

3 · Après

La rumination.

« J’aurais dû dire ça. Pourquoi je n’ai rien dit ? » La parole non prise pèse plus que la parole imparfaite jamais essayée.

Le renversement

L’exigence de certitude n’est pas une qualité professionnelle.
C’est une muselière intérieure.

Ce que Léna prend pour « une exigence professionnelle » est en fait une stratégie d’évitement de l’humiliation. Tant qu’elle ne dit rien, elle ne peut pas être prise en défaut. Mais tant qu’elle ne dit rien, elle reste à la place de l’intruse, celle qui ne parle pas parce qu’elle n’est pas légitime.

Tant que cette muselière tient, aucune réussite ne suffit. La légitimité ne se prouve pas dans le silence. Elle se prouve dans la parole prise, même imparfaite.

L’accompagnement

Ce qu’on a travaillé ensemble

Grâce à tout ce qu’on a fait, j’ai pris conscience.

Pas un entraînement à la prise de parole. Pas des techniques de communication. Léna avait déjà la compétence, ce qui lui manquait, c’était la permission intérieure.

Les scènes de réunion où elle s’était tue, dépliées une à une. Ce qui s’activait au moment du « je me tais » : pas l’incompétence. La peur de l’humiliation, et derrière elle, une histoire ancienne : la comparaison continue avec un frère, la place de « la moins évidente » dans le regard familial.

Le rapport à l’erreur, regardé en face. Distinguer une faute professionnelle grave (qui mérite vigilance) d’un mot imprécis en réunion (qui ne mérite pas le silence d’une carrière). Pouvoir bafouiller, chercher un mot en anglais, « en dire trop », sans que ça menace la place.

La reconstruction de la confiance via les décisions difficiles qu’elle avait déjà tenues seule, et qui s’étaient avérées justes. « Quelque part, j’ai pris les bonnes décisions à chaque fois. »

Le travail porte sur cette différence-là : pas comment être plus sûre avant de parler, mais comment accepter de parler sans être sûre. Pas comment convaincre son milieu de sa légitimité, mais comment cesser de se la refuser à elle-même.

Les résultats

Ce qui a changé

Je me dis peut-être que j’en dis trop, mais tant pis.

Concrètement, sur 14 mois (démarrage janvier 2025 → preuves observables avril 2026)

  • Intervention de 5 minutes en AG face à 600 personnes, sur un sujet préparé. « En parlant de façon claire et fluide, avec un petit bafouillage au démarrage quand même mais léger. J’ai réussi à gérer le stress. »
  • Visite de 2 h en anglais avec des partenaires internationales, gérée seule. « J’ai encore cherché mes mots et fait des fautes, mais j’ai accepté cela et j’ai « osé ». »
  • Plus directive en réunion avec son chef, « J’ose peut-être un peu plus aussi en parler avec lui et rentrer plus dans le détail. »
  • Corps qui suit, avant : oppression thoracique, mains moites. Maintenant : « je suis plus en légèreté ».
Preuve concrète

Message reçu, 14 mois après le démarrage de l’accompagnement

Bonjour Claire,

J’espère que tu vas bien ?

Je voulais te partager de belles victoires (enfin à ma petite échelle bien sûr) :

· une intervention semaine dernière de 5 minutes à notre AG sur un sujet que j’avais préparé face à 600 personnes, en parlant de façon claire et fluide (avec un petit bafouillage au démarrage quand même mais léger), j’ai réussi à gérer le stress.

· hier une visite de 2 h avec des partenaires internationales, en anglais, où j’ai géré seule la conversation (là il y a encore du boulot sur la compréhension, j’ai encore cherché mes mots et fait des fautes, mais j’ai accepté cela et j’ai « osé »).

Tout cela est un peu grâce à toi, alors merci.

Léna*

Verbatims

Trois phrases qui résument le basculement

C’est fort finalement d’avoir tenu bon.

Sur ses décisions passées

Je me dis peut-être que j’en dis trop, mais tant pis.

Sur la prise de parole

J’ai envie de lui dire bravo, de la célébrer.

En parlant d’elle-même
La leçon

Ce que ce parcours montre

Ce parcours montre quelque chose qu’on n’aime pas regarder en face quand on est dans un poste à responsabilité : la compétence n’est pas le problème.

C’est exactement ça, le syndrome de l’imposteur : la compétence est là, prouvée, reconnue, et la personne continue de se vivre comme une intruse qui pourrait être démasquée à la prochaine prise de parole.

Léna avait l’expérience, la technique, la responsabilité officielle. Ce qu’elle n’avait pas : la permission intérieure de bafouiller, d’hésiter, de chercher un mot en public. Les méthodes « confiance en soi » n’y changeaient rien : le problème n’était pas de savoir quoi dire, c’était l’exigence d’être sûre avant de le dire.

Une fois cette exigence repérée et travaillée, parler redevient possible, même imparfaitement. Et c’est précisément l’imperfection assumée qui ouvre la prise de parole, pas la perfection attendue.

Tu te reconnais dans ce réflexe ?

On en parle ensemble ?

Tu attends d’être parfaitement sûr·e pour parler, alors tu te tais.

Tu te vis comme une intruse ou un imposteur dans ton milieu, même quand on t’a confié des responsabilités.

Tu rumines pendant des heures ce que tu aurais dû dire, mais tu ne l’as pas dit.

En Session Découverte, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.

* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.

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