Judicaël est chirurgien orthopédiste. Il enseigne, il monte une entreprise à côté. La phrase qu'il avait en arrivant tenait en trois mots : personne ne comprend.
À l'hôpital, il avait une idée complètement novatrice pour le soin des patients : personne n'en voulait. Chaque fois c'est pareil : il voit quelque chose, les autres ne suivent pas, et il se retrouve seul avec. Ce sentiment de solitude le fige, l'empêche d'aller plus loin.
On a cherché l'origine de ça. On est arrivés en maternelle. Il fallait écrire son prénom avec un J majuscule. Lui le trouvait moche. Le J minuscule, il le trouvait beau. Alors il a écrit son prénom en minuscule. La maîtresse lui a dit que ce n'était pas ça qu'il fallait faire, et l'a envoyé au coin.
Ce jour-là, un petit garçon a conclu : je vois quelque chose, les autres ne le voient pas, et je dois faire comme eux. Il a appris à se taire et à suivre.
Ce qu'on prenait pour de l'entêtement, c'était sa façon de voir. La maîtresse ne voyait simplement pas la même chose que lui.
Son idée pour les patients, il l'a menée au bout. Aujourd'hui, son projet existe même aux États-Unis et au Japon.