Inès*, grand groupe en Suisse · 28 ans · identifiée pour passer cadre · peur de déranger
Je me sentais comme quelqu’un qui devait se suffire à elle-même tout le temps.
Inès* · Grand groupe en Suisse
28 ans · identifiée pour passer cadre · légitimité professionnelle · peur de déranger et de ne pas être intéressante · accompagnement individuel dont les principes ont nourri RISE.
Inès est compétente, fiable, et identifiée pour passer cadre. Mais elle se vit comme quelqu’un de « de trop », « embarrassante », « comme un boulet ». Elle n’ose pas proposer, demander, appeler, même quand elle en a envie.
Confronter cette voix intérieure, « tu déranges », « tu n’es pas intéressante », « tu ne suffis pas », à ce que les autres voient réellement d’elle.
Elle ose davantage proposer, se sent plus légitime dans ses liens et dans son rôle, et réussit son entretien cadre avec 6 critères sur 7 notés « dépassé ».
Je me sentais comme quelqu’un qui devait se suffire à elle-même tout le temps.
Elle n’est pas objectivement « en trop » : elle est compétente, fiable, et identifiée pour passer cadre. Mais intérieurement, elle se vit comme quelqu’un qui dérange.
Inès a 28 ans. Elle travaille depuis plusieurs années dans le même grand groupe. Sur le papier, tout va. Dans la tête, une voix tourne en permanence, « tu n’apportes pas assez, tu déranges, tu n’es pas assez intéressante ».
Quand son responsable lui dit qu’elle doit « prendre beaucoup plus confiance » et « gagner en synthèse » pour passer cadre, elle ne l’entend pas comme un objectif de développement. Elle l’entend comme un verdict. Boule de feu dans la poitrine. Le corps se rétracte. La voix intérieure trouve sa confirmation : « tu n’es pas à la hauteur ».
Et ce réflexe ne s’arrête pas au bureau. Quand elle a envie d’appeler une amie proche pour proposer une sortie, elle n’ose pas. « Elle a une famille, deux enfants, un boulot. Je sais que ce que j’ai à lui proposer lui plairait. Mais je n’ose pas, en me disant qu’elle a mieux à faire que de passer du temps avec moi. » Alors elle fait les choses seule. Pas par choix. Par défaut.
Ce que ça lui coûte : une promotion qui se prépare, mais une posture intérieure qui freine. Une compétence reconnue, mais jamais ressentie comme légitime. Une vie où elle est partout sans s’autoriser à être vraiment là.
Elle ne vient pas pour devenir une autre. Elle vient parce qu’elle s’épuise à ne pas s’autoriser à prendre la place qu’on lui propose déjà.
Le même réflexe au travail, dans les amitiés, en famille.
Quand elle veut proposer, la voix dit « tu n’es pas assez synthétique, pas assez intéressante ». Elle se tait, ou elle minimise.
Elle entend « tu ne suffis pas » là où il y a un objectif de développement. Le corps se rétracte.
Elle ne propose pas à ses amies. Elle ne demande pas. Elle absorbe.
Ce qu’elle prend pour « la vérité sur elle »
n’est vu par personne autour d’elle.
Ses amies ne pensent pas « elle dérange ». Sa hiérarchie non plus, elle l’a identifiée pour passer cadre. C’est elle qui bloque, à l’intérieur, sur une image d’elle-même qui ne correspond à rien dans le réel.
Tant que cette voix tourne, aucun feedback extérieur ne suffit. Elle pourrait être promue demain : elle continuerait à se vivre comme illégitime.
Tu me faisais voir la situation comme je suis maintenant par rapport à ce qui s’était passé précédemment.
Inès avait déjà essayé l’EMDR. Cela l’avait aidée sur certains points, mais elle ne se reconnaissait pas complètement dans ce cadre. Dans RISE, le travail est parti de scènes concrètes : les moments où elle voulait proposer, appeler, demander, et se coupait juste avant.
La scène professionnelle avec son responsable, « tu dois prendre plus confiance, gagner en synthèse ». On regarde ensemble ce qu’elle entend dans cette phrase. Ce n’est pas un constat sur ses compétences, c’est un objectif de cadre. Mais elle l’entend comme un verdict. On dépile ce que l’enfant qu’elle a été entendait dans ce type de phrase, et ce que l’adulte d’aujourd’hui peut en faire.
Les scènes amicales où elle aurait pu proposer et n’a pas osé, dépliées sans jugement. Pour voir ce que la voix racontait, et confronter ce récit à ce que l’amie pensait vraiment. Le même mécanisme se rejouait aussi dans sa relation à son père : au lieu de rester bloquée dans la colère ou le silence, elle apprend à appeler quand elle en a envie, sans se demander si c’est légitime.
Le travail porte sur cette différence-là : pas comment avoir plus confiance en soi (Inès a essayé), mais comment arrêter d’attendre une autorisation intérieure pour prendre la place qu’on occupe déjà aux yeux des autres. Pas comment convaincre son responsable (elle est déjà identifiée), mais comment cesser d’entendre du jugement là où il y a un objectif.
J’ai plus l’impression d’avoir ma place au niveau de mes amitiés.
Concrètement, sur ~3 mois d’accompagnement
Je me suis écoutée pour la première fois.
La bascule
J’ai plus l’impression d’avoir ma place au niveau de mes amitiés.
Sur les liens
Plus l’impression d’être légitime, de proposer quelque chose, que ça va potentiellement intéresser.
Sur le pro
Ce parcours montre que le problème n’est pas toujours le niveau réel de compétence.
Inès était déjà identifiée pour évoluer. Son environnement professionnel voyait son potentiel. Mais intérieurement, une autre voix racontait : « tu déranges, tu es de trop, tu n’es pas assez intéressante ».
Tant que cette voix tourne, même les signes extérieurs de confiance ne suffisent pas : une opportunité peut être là, et la personne continue à se vivre comme illégitime.
Le travail ne consiste alors pas à « devenir quelqu’un d’autre ». Il consiste à rejoindre la place qu’on occupe déjà aux yeux des autres, mais qu’on ne s’autorise pas encore à habiter.
On en parle ensemble ?
Tu es identifié·e pour évoluer, mais à l’intérieur tu te vis encore comme « pas assez ».
Tu voudrais proposer, demander, appeler, mais quelque chose t’arrête juste avant.
Tu reçois des compliments ou des opportunités, mais ta voix intérieure les disqualifie aussitôt.
En Session Diagnostic, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.
* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.