Gaëlle*, coordinatrice qualité dans un grand groupe · poser des limites face à sa manager sans culpabiliser
Je passe mon temps à m’excuser.
Gaëlle* · Coordinatrice qualité
Grand groupe · poser des limites face à sa manager sans culpabiliser · accompagnement individuel dont les principes ont nourri RISE.
Gaëlle prenait tout à cœur, s’excusait souvent, et n’arrivait pas à dire non à sa manager sans culpabiliser pendant des heures.
Repérer ce qui se jouait derrière la peur d’être mal vue, et apprendre à tenir sa position sans devenir agressive.
Elle pose des limites au travail et en famille, dit « non, je fais mon taf » sans s’excuser, et ses tensions corporelles baissent fortement : trapèzes de 8/10 à 2/10.
Je passe mon temps à m’excuser.
Gaëlle prend tout à cœur.
Quand sa manager lui parle un peu fort, lui demande de cocher des cases avant ses vacances un vendredi off contractuel, lui donne un ordre un peu sec, Gaëlle obéit. Et puis rumine. Et puis culpabilise. « Si elle est agacée, c’est que je fais du mauvais boulot. »
Coordinatrice qualité dans un grand groupe, elle aime ce qu’elle fait. Elle veut bien faire. Mais à l’intérieur, une voix ne s’arrête jamais : est-ce qu’elle est contente de moi ? Est-ce que je m’excuse parce que je fais vraiment du mauvais boulot ? Est-ce que je fais chier ?
Ce qui se répète : un visage qui se crispe quand une personne en autorité parle. Un corps qui se renferme. Des trapèzes qui se durcissent, pas un peu. À 8/10 sur l’échelle. Et le soir, des ruminations qui prennent toute la place.
Ce que ça lui coûte : ne plus pouvoir dire non sans se sentir méchante. Faire des heures qu’elle n’a pas à faire. Dire oui sur des temps où elle n’est pas censée être disponible. Confondre faire bien son travail et faire ce qu’on lui demande sans rien renvoyer.
Elle ne vient pas pour devenir confrontante. Elle vient parce qu’elle s’épuise à s’excuser.
Tellement automatique qu’elle ne le voit même plus.
Même quand il n’y en a pas. L’ordre devient reproche.
Avant même de comprendre ce qu’on lui demande.
Elle imagine ce que les collègues pensent. Elle se persuade qu’elle fait du mauvais boulot.
La peur n’est pas que sa manager soit agacée.
C’est que ça veuille dire quelque chose sur elle.
Sur sa valeur. Sur sa place. Et plus loin, autre chose : sa manager aussi se met cette pression. Quand Gaëlle réussit à la regarder différemment, ce n’est plus la cheffe contre elle. C’est deux personnes qui ne savent pas toujours comment se parler.
Au final, peut-être qu’on n’est pas si différentes que ça. Peut-être on se met la même pression toutes les deux.
Un jour, sa manager vient lui dire qu’il faut qu’elle « coche les cases » avant ses vacances. C’est son vendredi off contractuel. Le ton est sec. Gaëlle se sent agressée, puis se justifie, puis culpabilise. On déplie la scène ensemble. Qu’est-ce qui te dérange qu’elle te dise ça ?, « C’était la façon dont elle l’a dit. », Et si c’était sa peur à elle, pas un jugement sur toi ?
Un autre jour, un collègue ne se coupe pas les ongles. Gaëlle n’ose pas lui faire remarquer. Pas parce que c’est gênant. Parce qu’elle a peur qu’il « devienne agressif », comme un prof de prépa, des années plus tôt, qui soupirait à chaque erreur.
Et puis cette scène, séance 4. Sa manager revient avec une demande sèche sur une production peu fréquente. D’habitude, Gaëlle obéit, puis rumine. Cette fois, elle répond : « non, je peux pas être partout, je fais mon taf. »
Le travail porte sur cette différence-là : pas comment devenir agressive, mais comment rester soi-même quand on dit non. Pas comment se faire respecter, mais comment arrêter d’avoir besoin que l’autre approuve avant d’agir. Pas comment dire non, mais comment ne pas revenir dans l’ancien réflexe face à quelqu’un qui en impose.
Je peux tenir tête en fait sans partir dans cette petite fille.
J’ai dit non, je peux pas être partout, je fais mon taf.
Sur sa manager
Je peux tenir tête en fait sans partir dans cette petite fille.
La bascule intérieure
Des jours où ça ne va pas trop. Et c’est ok.
9 mois après l’accompagnement
Ce parcours montre que le problème de Gaëlle n’était pas un manque d’autorité. Elle savait ce qu’elle pensait. Elle savait ce qui ne lui convenait pas. Ce qui se jouait, c’était une équation intérieure : si je dis non, on ne m’aimera pas. Et si on ne m’aime pas, je ne suis plus à ma place.
Les techniques de communication peuvent aider. Mais dans son cas, le problème n’était pas de savoir quoi dire. Le problème, c’était ce qui s’activait en elle au moment de le dire : la peur d’être mal vue, de décevoir, ou de ne plus être à sa place si l’autre réagissait mal.
Une fois ce mécanisme repéré et travaillé, le « non » n’a plus eu besoin d’être agressif, justifié ou suivi de trois heures de rumination.
On en parle ensemble ?
Tu sais que ce qu’on te demande n’est pas raisonnable, mais tu obéis quand même.
Tu sais dire non, mais tu rumines pendant des heures après.
Tu sais ce que tu penses, mais face à ton/ta manager, ce qui sort n’est pas ce que tu voulais dire.
En Session Diagnostic, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.
* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.